Echos de notre rencontre avec avec Laurence Vilaine

Laurence Vilaine

L’écriture et la lecture : des émotions partagées

Le 18 février, nous avons eu le plaisir d’accueillir Laurence Vilaine, lauréate du Prix Littéraire des Grandes Ecoles (PLGE) 2012. Elle est venue présenter son premier roman « Le silence ne sera qu’un souvenir » dont le jury avait salué la force des personnages et la musicalité de l’écriture. Il s’agit d’un roman poétique et tragique empli d’émotions.

L’auteur nous confie avoir écrit ce livre à la suite d’un atelier d’écriture auquel elle s’inscrit un week-end et où l’exercice consiste à composer un texte à partir du mot « sorcière ». Elle visualise alors l’image d’une femme en robe blanche qui court pieds nus sous la pluie dans une rue sombre. Elle la suit jusqu’à la rive d’un fleuve, le Danube, en Slovaquie, où, près d’un pont, des enfants jouent autour d’un feu d’où s’échappe une fumée épaisse. De retour chez elle, ces images toujours en tête, l’auteur reprend son texte et compose peu à peu son roman.

« Le silence ne sera qu’un souvenir » est l’histoire de tziganes aux destins tragiques dont on découvre les liens de filiation et les secrets de famille transmis de génération en génération. Le vieux Miklus, le narrateur, vient briser le silence pour n’en faire qu’un souvenir. Cette fiction raconte aussi la persécution de la communauté Rom et la violence que celle-ci connaît de l’intérieur. Le roman ne se veut pas « engagé », cependant il invite chacun à s’interroger sur la condition des Rom aujourd’hui.

L’auteur connait bien la Slovaquie pour y avoir séjourné mais connait très peu sa population et la communauté Rom. Elle a simplement une grande attirance pour la culture tzigane, sur laquelle elle s’est documentée pour s’en imprégner et pour la retransmettre au plus près. L’écriture est pour elle un moyen d’aller à la rencontre de cultures et de personnes, d’explorer leur existence et de partager leur intimité.

Laurence Vilaine explique qu’elle aime partager avec le lecteur l’émotion qu’elle porte en elle au moment de l’écriture. Comme un compositeur ou un musicien pourrait le faire avec ses auditeurs. Pour autant, elle ne compose pas dans le but de transmettre une émotion particulière à un moment précis ; l’émotion prévaut à l’intention de la partager.

Encouragée par la reconnaissance du PLGE, du Prix littéraire de l’ENS Cachan et de ses lecteurs, elle travaille actuellement à l’écriture d’un second roman, qui explorera cette fois la vie d’un personnage africain.

Au terme de la rencontre, une des participantes, d’abord réticente au sujet tragique du livre, a été touchée par la présentation simple et poétique de l’auteur, ainsi que par sa sensibilité et sa sincérité. Elle repartira avec le livre pour en découvrir l’histoire mystérieuse.

Sylvie Marion

HecParis-3235

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