Monde arabe : le grand chambardement de Yves Aubin de la Messuzière

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Yves Aubin de la MessuzièreL’auteur est un diplomate français ayant officié au Maghreb, au Proche-Orient et dans le monde méditerranéen, il est expert des pays arabes et actif dans diverses instances liées au monde arabe.

Il publie en 2016 un essai : Monde arabe : le grand chambardement où il revient sur les causes immédiates et profondes du Printemps arabe et fait un état des lieux de la situation actuelle.

Il s’avère que les ressorts des convulsions de 2011 sont communs à tous les pays arabes : aspiration à la démocratie, malaise de la jeunesse, dérives autocratiques, motivations économiques, revendications sociales, etc.

L’auteur en profite pour démonter les formules et les raccourcis des termes « Révolution de jasmin » pour les évènements en Tunisie, « Printemps arabe » et « Hiver islamiste ».

Un chapitre est dévolu aux femmes dans la révolution. L’auteur fait également le point sur la tragédie syrienne.

Selon l’auteur, le monde arabe se décline dorénavant au pluriel en raison des mutations sociales, religieuses et politiques engendrées par ces bouleversements.

En conclusion, le diplomate juge que les mouvements populaires et spontanés à l’origine des protestations de 2011 ne sont pas morts, l’exigence de liberté et de dignité reviendra un jour à la charge. La révolution n’a pas dit son dernier mot 🙂

Cet ouvrage est disponible dans notre fonds à la cote 2-2/ARA AUB.

 

 

Je vous propose une interview de l’auteur par l’IRIS, l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques.

Avec 5 ans de recul, Il y analyse le « printemps arabe », les raisons profondes de ces soulèvements populaires, leur confiscation par l’armée ou les mouvements islamo-conservateurs et la situation contrastée de ces pays.

Il distingue plusieurs facteurs aux soulèvements de 2011 : le chômage, une certaine frustration de la jeunesse, la recherche de la dignité et la dénonciation de la corruption et de la prédation d’élites au pouvoir.

L’auteur différencie les pays monarchiques où la contestation n’a pas « pris » véritablement et les pays dotés d’un régime politique de type républicain. Dans ces derniers, le peuple a vu le pouvoir se transmettre progressivement de père en fils grâce à des amendements du droit constitutionnel et une mise en danger de la démocratie.

Le cas particulier de la Tunisie, seul pays où la transition démocratique a pleinement eu lieu est expliqué en détail. Ce succès est toutefois à nuancer par une certaine instabilité politique et par les difficultés économiques.

Enfin, il fait le point sur la place de l’Arabie Saoudite au Moyen-Orient et sur les jeux d’influence entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, puissances en compétition.

 

 

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Résumé de l’éditeur :

Cinq ans après les printemps arabes, le monde arabe, qui est entré dans un long processus de mutations sociales, religieuses et politiques, se décline dorénavant au pluriel.

Cinq années après l’émergence des printemps arabes, le constat est celui d’un monde arabe en convulsion, au sein duquel les situations sont contrastées. Autonomes à l’origine, les soulèvements au caractère profondément social, ont été parfois confisqués par des mouvements islamo-conservateurs, puis par l’islamisme radical. Seule la Tunisie qui a ouvert la voie en 2011, a réussi sa transition démocratique. La Libye s’est enfoncée durablement dans l’anarchie. Au Proche Orient, l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen sont des États faillis, ou se sont répandus des mouvements non étatiques, notamment Daech, qui a réussi à créer un proto-Etat, de part et d’autre de la frontière syro-irakienne.

Les bouleversements dans cette région ont conduit à des rééquilibrages entre puissances régionales et internationales, qui annoncent des recompositions géostratégiques en profondeur. L’Égypte retrouve son poids stratégique, nécessaire à l’équilibre régional. L’Arabie saoudite s’affirme comme puissance régionale, en formant face à l’Iran, une coalition sunnite. Confrontée à la rébellion kurde, la Turquie revoit à la baisse les ambitions de sa diplomatie néo-ottomane en direction du monde arabe. La conclusion de l’accord sur le nucléaire renforce la main de Téhéran sur la Syrie et les communautés chiites, au Liban, au Yémen et au Bahreïn. La confrontation entre l’arc chiite et l’axe sunnite, qui relève davantage de considérations géopolitiques que religieuses, annonce une rivalité exacerbée entre Téhéran et Riyad. La nouvelle stratégie en retrait des États-Unis, permet le ” retour impérial ” de la Russie dans la région. L’Europe et plus particulièrement la France s’en trouvent marginalisées.

Le monde arabe qui se décline dorénavant au pluriel, est entré dans un processus long de mutations, sociales, religieuses et politiques.

 

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Focus sur… LE MODÈLE SCANDINAVE

Définition et périmètre :

wikipediaLe modèle scandinave (ou capitalisme scandinave ou social-démocratie scandinave) fait référence au modèle économique et aux modèles sociaux des pays scandinaves (Danemark, Norvège et Suède) conjuguant économie de marché et état-providence.

Bien qu’il existe des différences significatives entre les pays scandinaves, ils ont tous des points communs. Ceux-ci incluent le soutien “universel” à l’état-providence qui vise spécifiquement l’amélioration de l’autonomie individuelle, la promotion de la mobilité sociale et l’application universelle des droits de l’homme, ainsi que la stabilisation de l’économie, tout en soutenant le Libre-échange. Le modèle scandinave se distingue des autres types d’états-providence en mettant l’accent sur le plein-emploi, la promotion de l’égalité des sexes, des allocations sociales importantes et égalitaristes, une large redistribution des recettes et une politique budgétaire libérale expansionniste.

Le modèle scandinave est décrit comme un système combinant un capitalisme concurrentiel avec un secteur public important (environ 30% de la population active).

 

 

Pour aller plus loin :

Fabian_Society_Logo_CMYKUtopia sustained: The Nordic model of social democracy

Article de Einar Thorsen, Nik Brandal, Øivind Bratberg. Fabian society. 8 avril 2013

According to what one could call the ‘golden age narrative’, social democracy is a political ideology that came to fruition in the post-war decades but has since run up against its limited shelf life. This narrative plainly does not fit with the experiences of the social democrats in Scandinavia. From the premise that the Nordic model of social democracy has fared well in the restless context of globalisation and neoliberalism, there is reason to ask: what lessons can be learned?

Danemark : Au pays du plein emploi

Vidéo de 5min12. Reportage du JT de France 2 du 27 septembre 2016.

LibérationLe modèle scandinave : mythe ou réalité «en marche» ?

Article de Vibeke Knoop Rachline, Journaliste norvégienne à Paris et Franck Orban, Maître de conférences à Oslo. Libération. 2 aout 2017

Emmanuel Macron vient de recevoir le Premier ministre suédois à Paris et voit dans le modèle scandinave une «inspiration». Mais les particularités des champions du social-libéralisme semblent en contradiction avec la vision macroniste.

 

Un œil sur la planète – Doit-on imiter les Suédois ?

Vidéo de 1h42. Magazine télévisé Un œil sur la planète du 13 septembre 2010.

 

 

Retrouvez une sélection d’ouvrages sur le sujet :

Le modèle suédoisLe modèle suédois : santé, services publics, environnement : ce qui attend les Français

Les réformes menées tambour battant par la Suède depuis une quinzaine d’années sont, à quelques détails près, celles qu’on voudrait aujourd’hui nous faire adopter en France. Voici un pays où le nombre de fonctionnaires est en chute libre ; où le système de santé repose sur la prévention et la maîtrise des coûts ; où les directeurs d’école sont quasiment des chefs d’entreprise ; où les hommes ont le droit de prendre un congé de paternité de quinze mois ; où la doctrine en matière de sécurité routière est le “zéro mort” ; où les handicapés sont intégrés à la vie sociale ; où les bureaux de poste sont transférés dans des supérettes et des stations-service ; où les télécommunications, l’électricité et les transports publics sont totalement libéralisés… Au quotidien, ces réformes ont parfois eu des résultats inattendus. Parce que demain la société française risque en partie de vivre “à la suédoise”, le moment n’est-il pas venu, pour chacun d’entre nous, d’y regarder de plus près ?

 

Les transformations du modèle éco suédoisLes transformations du modèle économique suédois

Les performances économiques et sociales actuelles de la Suède ravivent l’intérêt des observateurs étrangers pour le “modèle suédois”. À l’heure où la France s’interroge sur les moyens de renouer avec la croissance et de redresser son industrie, il y a beaucoup à apprendre des ingrédients du succès suédois. Cette note examine différentes facettes de cet écosystème, telles que le dialogue social, l’innovation, les politiques de l’emploi, la fiscalité… qui ont toutes eu des effets directs ou indirects sur sa croissance économique. Elle met en avant les réformes structurelles qui ont été menées dans les années 1990 pour assainir les finances publiques tout en conservant un haut niveau de performance économique, de service public et de protection des citoyens.

 

The nordic varieties of capitalismThe Nordic Varieties of Capitalism

This is the only analysis of the political economy of the five Nordic countries (Denmark, Finland, Iceland, Norway, and Sweden). This book emphasizes the variety of experiences within the Nordic realm, from the dramatic collapse of Iceland`s economy as the financial bubble burst in 2008 to the full-employment oil-economy of Norway that proved virtually unaffected by the financial instabilities of 2008. It also identifies certain common transformations (particularly linked to the politics of immigration and integration, the persistent role of the unions, and new opportunities created by national systems of innovation).