La guerre des métaux rares : La face cachée de la transition énergétique et numérique de Guillaume Pitron

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En janvier 2018 est publié un livre passionnant intitulé La guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique.

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Guillaume Pitron

Son auteur, Guillaume Pitron est journaliste et réalisateur.  Il est lauréat d’une douzaine de prix français et étrangers, dont le prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, le grand prix BFM Business du livre d’économie et la Bourse des talents de la Fondation Lagardère.

Cet ouvrage vous intéresse ? Il est disponible à la cote 6-2201 PIT.

 

logoLe n° 387 de la revue HEC Hommes & Commerce propose en page 20 un article intitulé Les énergies vertes ne sont pas propres.

Dans l’angle mort de la transition énergétique et numérique, se trouvent les métaux rares. Nécessaires pour produire des éoliennes, des voitures électriques ou des smartphones, ces minerais sont aussi stratégiques que polluants à extraire. Invité de l’heure H, en collaboration avec le Club Développement International, le journaliste Guillaume Pitron a livré les conclusions de sa longue et minutieuse enquête sur le sujet.

 

Guillaume Pitron a animé de nombreuses conférences lors de la sortie de son ouvrage. Voici celle tenue à Versailles par le cercle les amis du monde diplomatique / Rosalux.

 

 

Voici le résumé du livre de l’éditeur :

livre_galerie_531Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique… Politiques, médias, industriels nous promettent en chœur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu’il n’en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole. Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte – le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.

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Monde arabe : le grand chambardement de Yves Aubin de la Messuzière

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Yves Aubin de la MessuzièreL’auteur est un diplomate français ayant officié au Maghreb, au Proche-Orient et dans le monde méditerranéen, il est expert des pays arabes et actif dans diverses instances liées au monde arabe.

Il publie en 2016 un essai : Monde arabe : le grand chambardement où il revient sur les causes immédiates et profondes du Printemps arabe et fait un état des lieux de la situation actuelle.

Il s’avère que les ressorts des convulsions de 2011 sont communs à tous les pays arabes : aspiration à la démocratie, malaise de la jeunesse, dérives autocratiques, motivations économiques, revendications sociales, etc.

L’auteur en profite pour démonter les formules et les raccourcis des termes « Révolution de jasmin » pour les évènements en Tunisie, « Printemps arabe » et « Hiver islamiste ».

Un chapitre est dévolu aux femmes dans la révolution. L’auteur fait également le point sur la tragédie syrienne.

Selon l’auteur, le monde arabe se décline dorénavant au pluriel en raison des mutations sociales, religieuses et politiques engendrées par ces bouleversements.

En conclusion, le diplomate juge que les mouvements populaires et spontanés à l’origine des protestations de 2011 ne sont pas morts, l’exigence de liberté et de dignité reviendra un jour à la charge. La révolution n’a pas dit son dernier mot 🙂

Cet ouvrage est disponible dans notre fonds à la cote 2-2/ARA AUB.

 

 

Je vous propose une interview de l’auteur par l’IRIS, l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques.

Avec 5 ans de recul, Il y analyse le « printemps arabe », les raisons profondes de ces soulèvements populaires, leur confiscation par l’armée ou les mouvements islamo-conservateurs et la situation contrastée de ces pays.

Il distingue plusieurs facteurs aux soulèvements de 2011 : le chômage, une certaine frustration de la jeunesse, la recherche de la dignité et la dénonciation de la corruption et de la prédation d’élites au pouvoir.

L’auteur différencie les pays monarchiques où la contestation n’a pas « pris » véritablement et les pays dotés d’un régime politique de type républicain. Dans ces derniers, le peuple a vu le pouvoir se transmettre progressivement de père en fils grâce à des amendements du droit constitutionnel et une mise en danger de la démocratie.

Le cas particulier de la Tunisie, seul pays où la transition démocratique a pleinement eu lieu est expliqué en détail. Ce succès est toutefois à nuancer par une certaine instabilité politique et par les difficultés économiques.

Enfin, il fait le point sur la place de l’Arabie Saoudite au Moyen-Orient et sur les jeux d’influence entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, puissances en compétition.

 

 

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Résumé de l’éditeur :

Cinq ans après les printemps arabes, le monde arabe, qui est entré dans un long processus de mutations sociales, religieuses et politiques, se décline dorénavant au pluriel.

Cinq années après l’émergence des printemps arabes, le constat est celui d’un monde arabe en convulsion, au sein duquel les situations sont contrastées. Autonomes à l’origine, les soulèvements au caractère profondément social, ont été parfois confisqués par des mouvements islamo-conservateurs, puis par l’islamisme radical. Seule la Tunisie qui a ouvert la voie en 2011, a réussi sa transition démocratique. La Libye s’est enfoncée durablement dans l’anarchie. Au Proche Orient, l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen sont des États faillis, ou se sont répandus des mouvements non étatiques, notamment Daech, qui a réussi à créer un proto-Etat, de part et d’autre de la frontière syro-irakienne.

Les bouleversements dans cette région ont conduit à des rééquilibrages entre puissances régionales et internationales, qui annoncent des recompositions géostratégiques en profondeur. L’Égypte retrouve son poids stratégique, nécessaire à l’équilibre régional. L’Arabie saoudite s’affirme comme puissance régionale, en formant face à l’Iran, une coalition sunnite. Confrontée à la rébellion kurde, la Turquie revoit à la baisse les ambitions de sa diplomatie néo-ottomane en direction du monde arabe. La conclusion de l’accord sur le nucléaire renforce la main de Téhéran sur la Syrie et les communautés chiites, au Liban, au Yémen et au Bahreïn. La confrontation entre l’arc chiite et l’axe sunnite, qui relève davantage de considérations géopolitiques que religieuses, annonce une rivalité exacerbée entre Téhéran et Riyad. La nouvelle stratégie en retrait des États-Unis, permet le ” retour impérial ” de la Russie dans la région. L’Europe et plus particulièrement la France s’en trouvent marginalisées.

Le monde arabe qui se décline dorénavant au pluriel, est entré dans un processus long de mutations, sociales, religieuses et politiques.

 

Book of the month : L’AFRIQUE EST-ELLE SI BIEN PARTIE ? de Sylvie Brunel

9782361062170Aujourd’hui, j’ai choisi de me pencher sur un ouvrage de la géographe spécialiste du développement, Sylvie Brunel dont nous mettons plusieurs ouvrages à votre disposition 🙂

En 2014, elle publie un essai : L’Afrique est-elle si bien partie ? L’auteur y évoque le « retour » de l’Afrique sur la scène internationale grâce notamment à ses taux de croissance en forte hausse depuis le début des années 2000. A qui profite cette croissance économique ? Est-elle solide, durable et équitable ?

Le titre est un clin d’œil à l’agronome René Dumont qui avait publié en 1962 le livre L’Afrique noire est mal partie. L’auteur y déplorait les difficultés de l’époque : absence de programmes sociaux, difficultés des paysans, lourdeurs bureaucratiques, etc. 50 ans après, Sylvie Brunel va dans le même sens. Elle explique que cette croissance économique est trompeuse. Car si elle existe belle et bien, elle est soumise à la croissance chinoise qui s’essouffle et uniquement basée sur la fourniture de matières premières. La non-redistribution des richesses et l’oubli des dépenses sociales est source de frustration et de tension chez les jeunes.

L’Afrique est handicapée par des difficultés structurelles : Conflits ethniques, fuite des cerveaux, santé, pauvreté, régimes autoritaires, corruption, urbanisation à outrance, etc.

Toutefois, elle possède de solides atouts et opportunités à saisir : Après les ex-puissances coloniales, la diversification des partenaires commerciaux est une réelle aubaine si l’Afrique parvient à déterminer ses intérêts. Une croissance équitable est envisageable à condition d’instaurer une politique sociale de redistribution et de création d’emplois pour la nouvelle génération. Car la démographie jeune constitue à la fois une chance et un risque. Une nouvelle gouvernance, une culture du résultat vis-à-vis du peuple, la consolidation de la démocratie, l’accès à l’éducation pour tous sont des processus en cours. Bref, le changement est chaotique, lent et rapide à la fois.

Le livre est à mon sens particulièrement intéressant. D’abord parce qu’il est consacré à l’Afrique, continent trop souvent oublié de la géopolitique. Ensuite, il déconstruit méthodiquement les représentations alarmistes, exotiques ou excessives sur ce continent. Démolissant les clichés les uns après les autres, l’auteur offre une vision nouvelle et plurielle.

A noter que cet ouvrage a reçu le “prix Axyntis-Conflits du livre de géopolitique” dans le cadre du Festival de géopolitique de Grenoble en 2015.

 

Voici son résumé :

Épidémie d’Ébola, génocide silencieux des migrations clandestines, chaos suscité par l’explosion de la Libye… Alors que l’Afrique paraissait en voie d’émergence, l’actualité nous interroge : ce redressement est-il durable ?

Jamais l’Afrique n’a été plus injuste : sa croissance économique s’accompagne d’un creusement des inégalités porteur de graves tensions. La grande pauvreté persiste, y compris dans les pays émergents. Des milliers de jeunes rêvent d’une autre vie, mais voient leurs espoirs fracassés par un Occident verrouillé et des élites campées sur leurs privilèges. Conséquence de ces injustices, la rancœur grandit au cœur des villes. De graves foyers de tensions minent l’intérieur du continent et menacent les littoraux arrimés à la mondialisation. L’Afrique émergente est assise sur une poudrière.

Mettre en œuvre une croissance durable s’impose. L’Afrique a les solutions.

 

Pour aller plus loin :

Afrique, à qui profite le développement ?

Vidéo de TV5Monde du 15 décembre 2014. 12min07s

Sylvie BrunelEntretien avec Sylvie Brunel, économiste, géographe et auteure du livre “L’Afrique est-elle si bien partie ?” et Francis Laloupo, journaliste originaire du Bénin, et auteur de livre “France-Afrique, la rupture maintenant?”.

L’Afrique a la plus forte croissance économique au monde. Elle est de 4 à 5% chaque année, plus forte que la moyenne mondiale. Mais à qui profite cette croissance ? L’Afrique est-elle si bien partie ? Quelles seraient les conditions d’une croissance durable et équitable ? Y’a t-il un rejet de l’occidental ? Nos invités nous font un rapport sur l’enjeu actuel africain.