HEC, la parenthèse 1968. Quand les archives font parler les “Barricades”.

 

Il y a tout juste 50 ans, la France traverse une période de protestations particulièrement marquante de son histoire : mai 68.

L’Etat fait face à une crise sociale majeure à laquelle prennent part pas moins de 10 millions de grévistes, paralysant ainsi l’ensemble du territoire. Administrations et usines sont à l’arrêt, tandis que la jeunesse se mobilise pour réclamer de profondes réformes, notamment dans le domaine de l’enseignement.

L’école HEC, fraîchement installée sur le campus de Jouy-en-Josas fait également les frais de cette agitation et doit alors faire face à de nombreuses complications qui conduiront à la paralysie totale du site jusqu’à la rentrée 69.

A travers plusieurs témoignages oraux et manuscrits, la bibliothèque et la mission archives vous invitent à revenir ensemble sur cette parenthèse exceptionnelle qui a marqué singulièrement l’histoire de l’école et celle de la promotion « Barricades ».

 

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Le 11 juin 1968, Jean Chardonnet (professeur d’histoire géographie) fustige dans le journal l’Opinion un gouvernement qu’il accuse d’être à l’origine de la vague de protestations qui touche les universités françaises. Il revient en détail sur les difficultés et dysfonctionnements des établissements d’enseignement supérieur, tel que le manque de moyens humains et matériel, le rejet de l’université de classe ou encore l’absence de débouchés. HEC est à ce titre présenté comme un des rares établissements d’enseignement supérieur à dispenser des formations à forte valeur ajoutée.  

 

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Contrairement à la plupart des universités françaises, HEC ne connait pas de lourdes difficultés fonctionnelles liées aux manques de moyens humains et financiers. Toutefois, bien que la qualité de l’enseignement y soit unanimement reconnue, certaines voix étudiantes s’élèvent pour réclamer des cours mieux adaptés au marché du commerce et de l’industrie de l’époque.

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HEC n’échappe pas à la remise en cause des méthodes d’enseignement qui font alors débat dans les cercles étudiants. Le Bureau des Elèves profite ici des évènements de 68 pour réclamer le remplacement de certains cours traditionnels par des « comptoirs », où les échanges avec les enseignants se font plus libres.   

 

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Parmi les préoccupations exprimées par les étudiants figurent l’accès aux grandes écoles, jusqu’alors majoritairement réservé aux enfants de classe supérieure.

Dans l’espoir de faire bouger les lignes, l’Union des Grandes Ecoles indique ici vouloir prendre part activement à la gouvernance des établissements, en créant des commissions paritaires censées en finir avec le caractère « antidémocratique du recrutement des grandes écoles ». Elle espère également revoir entièrement le système d’enseignement et de recrutement des professeurs.

Vidéo 1 : Commentaires des professeurs Marois et Larçon au sujet de la pédagogie employée à HEC et des critiques formulées à l’encontre de l’école.

 

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Dans le prolongement de cette réflexion et afin d’engager une réforme globale sur la gestion des Grandes Ecoles françaises, des élèves d’HEC soumettent l’idée de la tenue « d’Etat Généraux de l’Enseignement des Affaires en France ». Ils espèrent dans le même temps pouvoir supplanter l’incontournable interlocuteur qu’est alors la CCIP en la personne du directeur de l’époque, Guy Lhérault.

 

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Conformément aux souhaits de la CGE, un « comité d’action et de coordination » composé d’étudiants voit le jour sur le campus. Sa création et son implantation dans le Foyer des Elèves permettront à un certain nombre d’étudiants d’aiguiser leur sens politique naissant.

 

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Une minorité d’élèves, politisée et très engagée, se mobilise afin de constituer plusieurs commissions ayant pour but de prendre part à la gouvernance de l’école. 

 

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Gouvernance participative : Proposition du comité incluant élèves et professeurs.

 

 

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Vidéo 2 : Retour sur les perturbations liées aux évènement de 68 sur le campus et sur la tenue de commissions étudiantes.

 

 

 

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Probablement galvanisés par le mouvement de protestation général, certains élèves n’hésitent pas à émettre des suggestions plus originales…

 

 

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Parmi les nombreux tracts produits et diffusés sur le campus durant ce mois de mai 1968, on retrouve notamment un appel à grève lancé par la « commission solidarité étudiants travailleurs » afin de soutenir les personnels CCIP qui luttent alors pour l’augmentation de leurs salaires et l’acquisitions de nouveaux avantages sociaux. 

 

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Porté par le syndicat national du personnel des chambres de commerce, une manifestation est alors prévue le 21 mai 1968 devant le siège de la CCIP. Les mesures réclamées portent entre autre sur l’obtention d’un 13ème mois, l’augmentation des salaires ou encore la sécurité de l’emploi.

Vidéo 3 : Commentaires sur la convergence des luttes étudiants- travailleurs

 

 

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L’agitation et les prises de position du Comité d’Action, ne sont manifestement pas partagées par l’ensemble des élèves. Exaspérés par ceux qu’ils qualifient « d’agitateurs », certains n’hésiterons pas à contre-attaquer en diffusant des tracts sur le campus.

 

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Malgré l’appel lancé par ce groupe d’élèves anonyme (probablement début mai), les cours finiront par s’arrêter complètement quelques jours plus tard pour ne reprendre qu’à la rentrée suivante.

L’activité du campus est alors mise entre parenthèses et les lieux se vident progressivement de leurs occupants. Les difficultés à s’approvisionner en carburant et à accéder au site accélèreront ce phénomène de désertion tandis qu’élèves, professeurs et personnel administratif regagneront progressivement leurs foyers.

 

Vidéo 4 : Les professeurs Marois et Larçon nous racontent comment s’est déroulée la fin d’année scolaire 1968.

 

 

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